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Les classes prépas ont une histoire plus que centenaire ; elles ont développé, au cours de cette histoire, un vocabulaire qui leur est propre : l'argot des prépas. Certains termes tendent à disparaître tandis que d'autres expressions sont bien vivantes. Nous vous proposons un tour rapide de ce vocabulaire qui, nous l'espérons, deviendra bientôt le vôtre.
Les élèves qui entrent en classe prépa sont, en première année, des bizuts (ou bizuths). L'origine de ce terme est mal connue ; on le repère dès 1843 à l'École Militaire de Saint-Cyr. À propos de bizut, voyez ce qui concerne le bizutage.
S'ils étudient dans une classe économique et commerciale, ils sont des épiciers et leur préparation est l'épice ; est-il besoin de préciser l'origine de ce nom quelque peu péjoratif ?
Dans une classe littéraire, l'élève est un khâgneux et sa classe est donc une khâgne s'il est en seconde année, une hypokhâgne s'il est en première année. Le terme devrait son origine à une moquerie de la part des élèves scientifiques : les khâgneux sont des élèves en mauvaise forme, aux jambes tordues ; un cheval cagneux a les pieds resserrés en dedans. L'orthographe khâgne semble évoquer un mot grec ou sanskrit, et revalorise un peu le cagneux.
Dans une classe scientifique, l'élève est un taupin s'il étudie dans les filières MP, PC ou PSI : héritières des classes préparatoires aux écoles centrales et aux écoles des mines, ces classes ont hérité du vocabulaire minier ! Dans sa classe, la taupe (on parle aussi de l'hypotaupe en première année), le taupin travaille aveuglément, comme les taupes. Dans les classes BCPST-Véto, les élèves sont, plus simplement, des bios ou des agros.
Une des particularités des prépas, ce sont les interrogations orales. Deux heures par semaine au moins, par groupe de trois (les trinômes), les élèves sont interrogés sur le programme qu'ils viennent d'étudier : ce sont les colles ; les salles d'interrogation sont de petits locaux qui sont prévus pour accueillir l'interrogateur et les interrogés : ce sont les turnes. On rencontre aussi les orthographes un peu prétentieuses khôlle et thurne.
Pourquoi une colle ? Parce que l'examinateur est censé essayer de coller l'élève, c'est-à-dire le mettre en défaut. Rassurons tout de suite le futur collé : s'il sera bien mis sur le gril le jour du concours, les colles au lycée Fauriel se déroulent toujours dans une ambiance bien plus constructives ; elles participent à la formation et prennent souvent un petit air de cours (presque) particulier.
À l'internat aussi, une chambre est une turne, sans doute parce que les chambres d'autrefois étaient particulièrement petites. Lorsque la chambre est partagée entre plusieurs élèves, ceux qui sont avec vous sont vos coturnes.
La première année de classe prépa ne se redouble pas ; par contre, les élèves peuvent redoubler la deuxième année, par exemple pour obtenir aux divers concours des résultats plus proches de leurs désirs. Il existe un vocabulaire particulier pour désigner ces redoublants.
Dans les classes économiques et littéraires, un élève de seconde année est un carré s'il n'est pas redoublant, et un cube s'il est redoublant. Pour les littéraires, on utilise même le terme archicube pour désigner ceux qui, après leurs études en classe prépa, sont aussi des anciens élèves de l'École Normale Supérieure de Paris.
Dans les classes scientifiques, on utilise un vocabulaire particulier : les redoublants en seconde année sont de 5/2, tandis que ceux qui ne redoublent pas sont des 3/2. On utilise aussi parfois le terme 1/2 pour désigner les élèves de première année. L'origine de ces termes réside dans les valeurs des intégrales :

En effet, le but idéal d'un élève de prépa scientifique, c'est d'intégrer (donc de réussir le concours d'entrée) l'école polytechnique, qui s'appelle l'X dans le vocabulaire des taupins ; tout dépend donc de l'année au cours de laquelle le taupin intègre...
On ne sait d'ailleurs pas bien pourquoi cette école porte ce surnom ; peut-être simplement pace que les polytechniciens aiment les sciences, et donc manipulent aisément l'inconnue x ?
Y a-t-il un rapport avec ce qui précède ? En tout cas, le délégué de classe dans les prépas scientiques est souvent appelé le Z. Comprenne qui pourra !
Qui parle de bizut, évoque le bizutage. Rappelons d'abord
ce qu'en dit la loi (articles 225-16-1 à 229-16-3 du code
pénal) : le délit de bizutage constitue dans le
fait pour une personne d'amener autrui, contre son gré ou
non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou
dégradants lors de manifestations ou de réunions
liées aux milieux scolaire et socio-éducatif, quel
que soit le lieu où elles se déroulent.
Ce délit est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500
€ d'amende.
Cette peine est doublée lorsque le délit est commis
sur une personne particulièrement vulnérable en
raison de son âge, d'une maladie, d'une infirmité,
d'une déficience physique ou morale ou d'un état de
grossesse dès lors que cet état est apparent ou connu
de son auteur.
Le bizutage est donc, bien sûr, strictement interdit à Fauriel ; même si les pratiques anciennes en classes prépas n'ont jamais connu l'ampleur de celles rapportées dans d'autres formations universitaires, personne n'accepte plus la moindre pratique dégradante à l'égard des élèves qui nous font la confiance de s'inscrire dans nos classes.
Et pour créer une ambiance de solidarité entre les élèves, les repas et soirées organisés par les élèves de prépas, collectivement ou classe par classe, ont évidemment un meilleur effet !
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